
**| Entrez dans le Shakespeare Theater : Conflit, entraide, complicité, émotions fortes, tention, stresse, complot, angoisse, amour et trahison ... Mais que se cache t'il derrière la comédie? |** |
| | Commencement d'une journée [Anna] | |
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Anna Ferderson Little Thing

Age : 17 Inscrit le : 17 Mar 2008 Messages : 44 Localisation : Là où la portera le songe.. Humeurs Théatrâles [État/Humeur]: Intimidée [Rôle]: Gertrude, Hamlet's mother [Coté coeur?]: L'Amour se fait timide mais vient cependant d'être révélé...
| Sujet: Re: Commencement d'une journée [Anna] Lun 30 Juin - 15:12 | |
| Et ce fut ainsi que l’océan avala la pauvre Anna Ferderson, la naïve, la discrète, la trop rêveuse, Anna Ferderson. Un instant, un seul et infime petit instant, elle avait cru que quelque chose pouvait être possible, une chose autre que ce que lui répondit Jake. Anna avait l’habitude de retomber durement sur le sol après la fin d’un des ces rêves, l’une de ces illusions subtiles qui naissent dans votre esprit, souvent involontairement, mais qui, immanquablement, vous font perdre le fil de la réalité. On se perd, on s’envole car le songe est une invitation bien agréable. Anna Ferderson l’avait bien connu ce rêve, elle l’avait trop souvent vécu. Depuis son arrivée au théâtre, depuis que son regard avait croisé pour la première fois celui de son metteur en scène, depuis l’instant où elle avait su, son imagination s’était mise en marche. Non pas qu’elle se croyait aimée de Jake, non, mais elle pensait, elle était convaincue, que si elle ne lui disait rien, s’il ne se passait rien, alors elle n’aurait jamais l’occasion de rencontrer la situation qu’elle vivait en ce moment.
Figée comme une statue de glace en train de fondre sous un soleil perçant, Anna comprit qu’elle aurait mieux fait de se taire. Ne valait-il pas mieux rester silencieuse, discrète, comme elle l’avait toujours été auparavant ? Tout cela ne serait jamais arrivé. Elle aurait pu continuer à vivre ainsi, se contenter de faire la bise à Jake tous les matins, l’observer dans les coulisses durant les répétitions, parler. Il ne l’aurait pas évitée, il n’aurait pas détourné le regard d’elle. Si seulement tout pouvait redevenir comme avant… C’était bien ce que souhaitait en cet instant la jeune comédienne.
Pas de réplique. Pas de monologue. Anna n’avait rien. Elle s’était élancée dans cet océan inconnu, elle avait quitté la terre ferme qu’elle côtoyait d’ordinaire, l’endroit d’où elle s’était accoutumée à regarder l’étendue bleue. Vaillamment, la jeune comédienne avait avoué ses sentiments à son metteur en scène. Vaillamment, elle avait écouté sa réponse. Vaillamment encore, elle avait mené un combat intérieur pour ne pas hurler, ni pleurer. Jake ne l’aimait pas. Jake ne l’aimait pas. Jake ne l’aimait pas. Les mots étaient difficiles à entendre pour Anna. Et pourtant, c’était la vérité. La dure réalité. Encore une fois, Anna Ferderson s’écrasait sur le sol avec violence. Le rêve était bel et bien achevé, il fallait l’avouer. La chute avait était dure, les blessures étaient multiples, mais Anna était encore en vie, ou du moins, possédait encore les facultés nécessaires pour vivre un semblant d’existence. Elle pourrait encore jouer son rôle de comédienne sans affecter de son chagrin le personnage inconstant et calculateur de Gertrude, elle pourrait encore voir Jake au théâtre, lui faire la bise le matin, elle pourrait encore lui parler, mais jamais, jamais elle ne pourrait le regarder en face, tout en sachant qu’un matin, elle lui avait un jour avoué ses sentiments.
S’il n’y avait pas eu la nécessité de répéter Hamlet, Anna serait aussitôt repartie en courant chez elle, sans demander son reste, car fuir la réalité était dans ses habitudes. Trop rêveuse, naïve, innocente petite Anna. Jake l’avait bien compris et le lui avait fait savoir. Il n’était pas quelqu’un pour elle ? Anna trouva que la façon dont il lui annonçait que jamais il n’espérerait plus de l’amitié qui les liait, celle d’une jeune comédienne et de son metteur en scène, sonnait comme un euphémisme. Essayait-il de la protéger en lui épargnant une réalité trop dure ? Si seulement il avait pu lui dire vraiment que… Anna chassa cette pensée. Les mots étaient trop douloureux à entendre. Pas une personne pour elle ? Non. Ce n’était pas cela.
Ce n’est pas vrai et tu le sais. En vérité, c’est moi qui ne te conviens pas. J’ai un cœur qui me dit chaque jour que c’est toi et personne d’autre que j’aime, même si cela n’est pas réciproque…
Anna eut la surprise de constater à quel point sa voix avait perdu d’intensité. Elle était devenue fluette et enrouée. Finalement, les sanglots qu’elle avait essayé de réprimer étaient apparus, non pas en larmes sur ses joues pâles, mais dans ces paroles. A présent, elle savait ce qui lui restait à faire. Il fallait sortir de la fiction, s’échapper. Elle n’ignorait pas le fait qu’elle serait bientôt assaillie par mille et unes pensées contraires à l’idée qu’elle s’était faite. Oui, il fallait vivre, mais vivre dans la réalité. Quelques secondes seulement après avoir prononcé ces dernières paroles, la jeune fille se remit en marche vers la salle rouge, mais seule cette fois. Elle tournait le dos à Jake comme elle tournait le dos à son amour. L’envie de pleurer devenait de plus en plus forte mais elle eut le temps, juste avant que ne perle la première larme, de se retourner et d’annoncer, d’une voix qu’elle souhaitait un peu plus assurée :
Je ne serai pas en retard pour la répétition. Et je jouerai bien Gertrude.
Puis, Anna Ferderson reprit sa marche à travers le hall du théâtre, espérant gagner un endroit sûr où elle serait à son aise pour pleurer sa souffrance. Oui, elle s’était noyée dans l'océan. _________________
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|  | | Jacob Clayton Charmant Baratineur

Age : 16 Inscrit le : 10 Oct 2007 Messages : 272 Localisation : Shakespear Theater, enfin si vous trouvez pas essayez donc le bar Citation : Méfiez vous des appararence, les gens ne disent pas se qu'ils pensent... Humeurs Théatrâles [État/Humeur]: Vexé et Prétencieux [Rôle]: Metteur en scène [Coté coeur?]: Parce que vous croyez au relation sérieuse vous ?
| Sujet: Re: Commencement d'une journée [Anna] Mer 2 Juil - 10:57 | |
| La voir dégringoler. La voir tomber du haut de la montagne de ses songes, de ses espoirs. La voir s'écraser, se rapprocher d'un sol qui l'amocherait. La voir se mourir peu à peu. Sans rien pouvoir faire. Sans pouvoir tendre la main pour la secourir. Sans pouvoir se jeter derrière elle pour l'attraper et la faire planer au dessus des nuages. Non, Jacob Clayton n'avait plus le droit de la secourir, c'était lui qui l'avait pousser du haut de cette montagne, et c'était par sa faute qu'elle s'écrasait sur le sol, se laissant emporter ensuite par l'océan de torpeur et de souffrance, qui la faisait dériver à droite à gauche. Balotée de port en port avec son visage décomposé par la prise de conscience, voilà comment était Anna Ferderson. Et Jacob ne supportait pas cette vision. Cette si belle jeune fille -femme- désormais portait un masque qu'il lui avait lui même accroché au visage. Il était l'auteur de sa douleur, il devinait les larmes qui allait s'écouler d'une minute à l'autre de l'océan de son regard qui le fuyait. Et comment diable allaient-ils faire maintenant pour continuer ? Ils allaient être deux amis, Jake lui offrirait une tape amicale dans le dos ? N'importe quoi. Il la faisait souffrir tout les jours depuis la nuit des temps. Il était un bourreau qui lui coupait sa gorge. Il était l'archer qui lui tirait une flèche mortelle. Il était l'éxécuteur d'une sentance pire que sa mort. Il la faisait tellement souffrir, il le lisait dans son regard. Jacob eu un intense envie de s'enfuir, de partir, de ne plus revenir, de boire, de fumer, de se droguer de faire n'importe quoi du moment qu'il ne se rendait plus compte de la situation. Avec un peu de chance il tomberait dans le coma se qui lui permettrait de fuir encore plus la réalité. Une situation qu'il avait lui même déclenché, dont il était le fautif. Mais voir Anna si.. si.. mal -il le devinait assez sans qu'il n'ai besoin de la regarder, et pour cause il regardait partout sauf dans les yeux d'Anna- lui déchirait le coeur, les membres... Il ressentait se qu'elle ressentait et cela ne lui plaisait pas du tout. Diable qu'il aurait voulu voler à son secour, la ramener dans les nuages, la mettre en sécurité. Mais comment le faire sans qu'elle ne recommence à espérer ? Car il ne POUVAIT pas l'aimer, elle ne POUVAIT pas l'aimer. Ils ne POUVAIENT pas s'aimer. Et pourtant, le soprano d'Ann' retentit, sa petite voix, son souffle qui lui murmurait en tremblotant : J’ai un cœur qui me dit chaque jour que c’est toi et personne d’autre que j’aime, même si cela n’est pas réciproque… Jacob avait envie de se boucher les oreilles. De ne plus entendre un mot de se qu'elle racontait. Pourquoi ? Comment pouvait-elle l'aimer ? Qu'avait-il pour lui plaire à elle ? Pourquoi n'était-elle pas tomber sous le charme de son séduisant voisin de vingt ans qui rêvait de fonder une famille et de vivre une histoire romantique ? Jacob serra le poing. Non, elle n'aimait personne d'autre que.. LUI. Et c'était insuportable. Pour plusieurs raisons d'ailleurs. Insuportable car cela la faisait souffrir. Mais aussi car, quand bien même Jake ne mettrait pas tout de suite une barrière, quand bien même Jake se laisserait aller sans penser au futur, cela ferait souffrir Anna. Car Jacob n'avait aucunement envie d'une relation.. stable. Ni de tout se qu'Anna avait le droit d'avoir ou de souhaiter. "Tais toi." Jake regretta immédiatement d'avoir dit cela. Son ton était si sec. Pourquoi est-ce qu'il l'avait dit si méchament ? Il se maudit encore plus de l'intérieur. Parce qu'il ne supportait pas qu'elle l'aime ? Parce qu'il ne supportait pas de ne pas pouvoir en faire plus pour l'aider, pour la sauver ? Clayton prit d'une main qui tremblait presque la cigarette de sa bouche, recrachant la fumée sur le côté comme la dernière fois. Il ne souhaitait pas tourner la tête de nouveau pour affronter Anna et son regard. Je ne serai pas en retard pour la répétition. Et je jouerai bien Gertrude.
Ces paroles étaient sans doute les pires que Jacob s'était donné d'entendre dans sa vie, après bien sur il y a dix-huit ans le coup de fil de sa soeur qui lui promettait que jamais ils ne se reverraient. La ton de Miss Ferderson essayant péniblement de se faire sûre et décider. Parlant de théâtre. Mais quel était le théâtre déjà ? Qui était cette Gertrude ? De quoi parlait-elle ? Jacob secoua la tête quand il se rendit compte qu'Anna partait, elle s'en allait loin. Il aurait vraiment dut la laisser partir mais non. Il lui courrut minablement après, la rattrapant par le bras, la retournant de force pour la plaquer contre un mur. Là, il la regarda intensément dans les yeux, affrontant enfin la vérité en face. Lui aussi, d'une voix décidée, assurée, presque menaçante il dit alors : "Tu ne peux pas savoir comme j'en ai rien à faire du théâtre Anna. Je me fiche totalement d'Hamlet. Qu'ils aillent tous en enfer si sa leur chante. Rien ne me préoccupe plus que..." Jake se stoppa soudain. Qu'aillait-il dire ? Qu'allait-il OSER dire ? Comme bloqué il ne pouvait plus du tout parler. Plus rien dire. Simplement regarder Anna, et puis être spectateur de la scène, sa cigarette dans une main bloquant un des poignet d'Anna, l'autre main s'occupant de l'autre poignet. Leurs visages si décomposés, surpris tout deux.. à quelques centimètres qui ne demandaient qu'à se rapprocher. Les yeux grands ouverts, Jacob était témoin de se qu'il faisait, le spectateur de la scène et non l'acteur. D'ailleurs qu'était-il entrain de faire ? Il fallait se stopper avant de faire une erreur, il fallait arrêter tout ceci. C'est pour cela que Jacob libéra un poignet d'Anna pour replacer la cigarette dans sa bouche, dressant une nouvelle fois une barrière. Il la lacha complètement, reculant d'un pas presque chancelant pour aller en direction de la porte, ses yeux toujours exorbiter. Il poussait le battant d'une main, inspirant la fumée toxic de sa cigarette avec avidité. Il ne méritait pas moins. Il dériva jusqu'à sa vieille voiture, s'adossant contre elle. Jetant sa cigarette sur le sol, la foulant au pied pour l'éteindre avant d'en rallumer une autre. _________________
Il y a une marée dans les affaires des hommes. Prise dans son flux, elle porte au succès. Mais si l'on manque sa chance, le grand voyage de la vie s'échoue misérablement sur le sable. |
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